Histoire d'un atelier unique

L'atelier est fondé à Paris vers 1780 avec le matériel de Padeloup, relieur du roi Louis XV.

 

René Simier, remarqué dès 1801 lors de l'exposition des industries françaises est nommé relieur de l'impératrice Marie-Louise. Au retour des Bourbons, il devient, assisté de son fils Alphonse, relieur de Louis XVIII.

L'année suivante, on lui confie la reliure des volumes enfermés dans la statue du roi Henri IV sur le Pont-Neuf. 

À la même époque, ils inventent les roulettes en creux pour gaufrer la peau de veau et lancent la mode des reliures à garde de soie. 

 

À l'avènement de Charles X, Alphonse Simier est nommé relieur du roi et reçoit de ses mains une presse à Balancier (toujours en état de marche); l'atelier compte alors parmi ses clients la cour et la ville, la duchesse de Berry lui fait même relier toute sa bibliothèque. 

Après Charles X, Louis Philippe lui confie à son tour ses ouvrages. S'adaptant à la mode romantique, il dessine la plaque "à la cathédrale" qui sert de décor à l'exemplaire personnel de Victor Hugo pour Notre-Dame de Paris. René Simier meurt l'année suivante. 

Petit, apprenti et compagnon de Simier, reprend l'atelier. Il est nommé relieur de Napoléon III. Trois générations de Petit se succèdent à la tête de l'atelier sans démériter de leurs illustres prédécesseurs. 

En 1885, Thierry, premier compagnon de Petit, reprend le flambeau et devient, entre autres, le collaborateur de Steinlen. 

En 1908, Yseux, premier compagnon de Thierry, lui succède: il relie une partie du traité de Versailles en 1920.

En 1955, Jean-François Barbance, premier compagnon d'Yseux, reprend l'atelier. Il s'attache à maintenir la tradition de la technique tout en entreprenant un travail de création. Ses rencontres avec Picasso, Poliakoff, Buffet, Vian, Brisson, Mercher, guident son inspiration. Il expose ses créations contemporaines à la bibliothèque Forney, au Cercle des bibliophiles. Il reçoit des commandes d'Etat et c'est ainsi qu'il réalise la reliure des ouvrages offerts par le général de Gaulle à la reine d'Angleterre et au président soviétique Khroutchev. Il travaille également pour la Bibliothèque vaticane.

 

En 1971, Jean-François Barbance transfère son atelier à Avallon où il relie les albums de la présidence de la République ou le livre d'or de la Grande Loge de France.

 

L'atelier de Jean-François Barbance, relieur doreur à Avallon décédé en 1994, a été par voie d'héritage transmis à ses fils, eux-mêmes professionnels des métiers du livre (Jean-Louis, doreur et François, relieur - doreur). C'est la réunion d'un ensemble exceptionnel de machines, de fers à dorer, d'outils et d'ouvrages, témoins de l'exercice des métiers de l'art du livre depuis le XVIIe siècle. Ces outils qui sont encore utilisés aujourd'hui sont remarquablement conservés, certaines pièces sont très rares, voire uniques.

 

Francois Barbance après une longue carrière, au Château de Vincennes, comme responsable de l’atelier de reliure au service historique de la Marine Nationale, décide de revenir à Avallon et forme Romain Capiau à l’art de la reliure et de la dorure.

 

Ce dernier, après une formation au milieu des outils séculaires, décide de faire perdurer cette tradition en créant son propre atelier à Tharot et d’ajouter, aux techniques perfectionnées par ses prédécesseurs, la création d’objets manufacturés haut de gamme pour les professionnels de la restauration.

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